En guise de présentation, je vous offre mon premier texte.

Je n'écris pour l'instant qu'en prose, mais peut-être, plus tard, vous présenterai-je des poèmes, des dessins, voire des photographies ?

L'écureuil facétieux  

En guise de siège, une mousse bien épaisse encore humide de la rosée du matin : adossée au grand chêne, dans le calme retrouvé de la fin du mois d'août, je souris, amusée. À deux pas, stoppant soudain sa course folle, un écureuil facétieux, intrigué, me dévisage, s'interroge, puis s'éloigne en haussant les épaules.


Libre, heureuse, bercée par le chant mélodieux d'une fauvette, sifflotant le même air en riant, je me prends à rêver que moi aussi je vole, gai pinson ou rouge-gorge curieux.


« Vite, venez voir : Anaïs vole ! » crie bientôt à la cantonade la mésange nonette.


Devant le garenne ébahi égaré dans ce bois, virevoltant au son des trilles de l'oiseau, je course comme une enfant les jolis papillons jusqu'à ce qu'essoufflée, je me pose enfin sur un doux lit de cèpes.


Quelle confortable couche ! Prévoyants, ces bolets ont posé un épais tapis de feuilles rousses sur leurs délicieux chapeaux et en ont fait un édredon moelleux, espérant ainsi passer l'hiver au chaud ! Me sentant si légère qu'une plume, c'est à peine s'ils soupirent de devoir me porter.


Mais c'est que je m'endormirais !


Qu'est-ce donc ? On me tire par la manche !

L'écureuil facétieux a empoigné mon pull ; il m'invite à grimper dans le chêne centenaire, à passer avec lui de branche en branche, à venir saluer ses amis dans les cimes, à aller cueillir aussi les premières noisettes, là-bas, près du ruisseau...


Me sentant hésitante, il saute sur mon épaule, me susurre des mots doux, caresse ma joue comme un matou câlin, repart en sautillant, s'arrête, se retourne, m'implore, revient prendre ma main.


« Viens, Anaïs, viens ! », me dit-il d'un air coquin.


Pourriez-vous résister ?

Moi pas !

Youpi, je vais jouer les acrobates !

Désolée, je dois vous abandonner !


Surtout, ne vous inquiétez pas si je tombe d'un arbre : je ne risque rien, vous le savez !

Comment ça, vous ne savez pas ? Mais si ! je sais voler...


© Anaïs de F. — Mai 2008