Le soleil se couche sur le village. Ses derniers rayons caressent les toits comme une mère berce son enfant. Peintre éphémère il étend sa toile sur l'horizon, déversant une onde arc-en-ciel sur les montagnes au loin.

Puis ce parfum de crépuscule qui envahit l'air, borde les cigales pour une nuit paisible. Le ruisseau tout proche entonne calmement son ode au repos.

Nous nous retrouvons alors, mon frère, ma sœur, mon père et mes grands-parents autour de la table, à la fraîcheur que le mûrier a durement gardé des assauts de l'astre solaire, finalement terrassé... du moins pour ce soir !

Le repas est simple, les visages disent leur satisfaction de se réunir après cette belle journée. Cette fois encore Papy va nous raconter une de ses aventures, mon frère râlera avec toute la mauvaise foi de la région après cette maudite pierre qui l'a fait perdre aux boules tout à l'heure, et ma sœur concurrencera l'œuvre déjà perdue du soleil avec ce beau bouquet de fleurs sauvages au beau milieu de nos assiettes, éclatant de couleurs et de douceur, suivant le ballet des bougies.

Chacun fera part de ses péripéties du jour puis nous irons enfin dormir, après bien sûr avoir dégusté les fruits que j'ai piqués ce matin dans le jardin du voisin.

 

Je dormirais bien dans le jardin cette nuit, mais je ne supporterai pas cette ronde lumière trop matinale pour moi.

 

Le réveil sonne, la sieste est terminée, le devoir m'appelle.

J'aurais tellement aimé vivre de telles vacances sur les terres de mes ancêtres.

 

© Grégoire Gastaud 2008