Les entrailles habitées de cent djinns malfaisants
Caparaçonnés d’oursins ou encor de tessons…
Avez-vous donc vécu cette affreuse sensation ?
Bien armés, sitôt la nuit noire se promenant,

Follets déphasés, mettant sur le grill vos nerfs,
Très longtemps avant l’aube jouant les escargots,
Progressant, s’arrêtant au moindre soubresaut,
Rentrant dans leur coquille comme eux savent le faire.

Reprenant aussitôt leur train de sénateur,
Prétextant que comme eux l’on doit aussi veiller,
Ne vous laissant le plus petit instant de paix,
Se moquant éperdument du lieu et de l’heure,

Vous harcèlent, vous torturent sans nul atermoiement,
Vous usent sans scrupule, vous laissent épuisé…
Et au matin, quand vient enfin l’heure du lever,
Vous jurent un prompt retour en s’éclipsant gaiement.

© Robert Gastaud, 6 février 2008