A l’automne de la vie aujourd’hui arrivés,
Laisse-moi donc, ma mie, rêver… imaginer
Un tendre et doux écrin pour nos vieilles années,

Une petite maison au creux de la forêt ,
Où dans l’âtre cendré de notre cheminée
Des bûches de chêne, gaiement, vont crépiter ;

Un chien fidèle, deux chats, libres de gambader,
Ecureuils et oiseaux pour nous accompagner,
Nous en ferons bientôt un petit nid douillet…

Une solide table, je la veux en noyer,
Pour recevoir nos hôtes, notre vie partager,
Près du fourneau massif, des anciens hérité,

Un grand bahut grinçant, dans un coin une maie,
Deux vieux fauteuils branlants mais aussi bien mollets,
Prêts à nous accueillir, l’un de l’autre à côté,

Où nous bavarderons entre deux doux baisers,
Où nous évoquerons nos étreintes passées,
Cette infinie tendresse par nous deux partagée,

Nous réchauffant souvent d’une bonne flambée,
Ou bien sous la tonnelle quand nous viendra l’été,
Riant à l’unisson d’un papillon tout gai,

Les bois comme jardin, le ciel comme un grand dais,
Rouges-gorges, mésanges viendront nous visiter,
Tous les pinsons riront de nous voir nous aimer,

Et une petite chambre pour notre intimité,
Où nos mains se joindront pour ne plus se lâcher,
Où nous nous quitterons pour mieux nous retrouver.

© Robert Gastaud 7 février 2008